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Secourisme pour un événement au Québec : le guide

Secouristes, trousses, poste de premiers soins, plan d'urgence : ce qu'un organisateur doit prévoir pour un événement au Québec, avec les règles à vérifier.

Secourisme pour un événement au Québec : le guide

Organiser un événement au Québec, c’est aussi prévoir ce qui se passe quand quelqu’un se blesse ou fait un malaise. Il n’existe pas de règle unique qui fixe le nombre de secouristes pour tous les événements. Les exigences viennent de la municipalité, du lieu, du type d’activité et, pour vos propres employés, des règles de santé et sécurité du travail. Ce guide vous aide à évaluer vos besoins, à choisir le niveau de formation, à équiper le site et à coordonner l’intervention avec les services d’urgence.

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En bref

  • Aucune règle unique ne s’applique à tous les événements : la municipalité, le lieu et le type d’activité fixent les exigences. Vérifiez-les avant de déposer votre demande.
  • Le nombre de secouristes se déduit des risques réels : type d’événement, foule, site, éditions passées.
  • Prévoyez un poste de premiers soins protégé, des trousses conformes, des moyens de communication et un registre des interventions.
  • Intégrez les premiers soins à votre plan d’urgence et désignez des personnes pour guider les ambulanciers jusqu’au lieu exact.
  • Les agents de sécurité de l’événement peuvent être formés en secourisme : c’est un moyen simple de renforcer l’équipe sur le terrain.

Table des matières

Le secourisme est-il obligatoire lors d’un événement?

La réponse honnête : cela dépend de l’endroit et de la nature de l’événement. Plusieurs exigences viennent des autorisations que vous demandez, pas d’une loi unique sur les événements.

Quelques exemples tirés de documents officiels québécois :

Ces exemples montrent une logique commune : plus l’événement est public, risqué ou encadré par un permis, plus les premiers soins sont exigés noir sur blanc. Le réflexe à adopter est simple. Contactez l’arrondissement ou la municipalité tôt, demandez la liste des documents requis, puis lisez le guide de l’organisateur du lieu s’il en existe un.

Même sans exigence écrite, l’obligation morale et légale de porter secours demeure. Le secouriste agit dans le respect de la Charte des droits et libertés de la personne, qui impose l’obligation de secourir. Un événement sans personne capable d’alerter les secours et de maintenir une victime en vie est un risque que vous portez.

Évaluer vos besoins en premiers soins

Un tournoi de soccer pour enfants, un marathon et un festival de musique en plein été n’ont pas les mêmes besoins. Avant de fixer un nombre de secouristes, posez-vous les questions suivantes.

Le type d’activité et le public

  • L’activité est-elle physique (course, sport de contact, danse) ou plutôt statique (conférence, salon)?
  • Le public est-il vulnérable : enfants, aînés, personnes à mobilité réduite?
  • Y aura-t-il de l’alcool, de la chaleur, de longues files d’attente en plein soleil?
  • Combien de personnes seront présentes en même temps, pas seulement au total sur la journée?

Le site

Les guides municipaux recommandent d’examiner les particularités physiques du site pour identifier les risques et les mesures préventives. Concrètement, faites un repérage : terrain inégal, escaliers, plans d’eau, scène et structures temporaires, zones éloignées de l’entrée où une ambulance mettrait du temps à arriver.

L’historique

Le même document recommande de s’inspirer des accidents et des incidents évités des éditions passées. Si vous organisez l’événement pour la première fois, demandez à d’autres organisateurs du même type d’activité ce qui s’est produit chez eux. Si c’est une récurrence, relisez votre registre de l’an dernier : c’est votre meilleure donnée.

Combien de secouristes prévoir, et avec quelle formation?

Pour un événement public ouvert à tous, aucune formule universelle n’apparaît dans les documents officiels que nous avons consultés. Le bon nombre résulte de votre évaluation des risques et des exigences de la municipalité ou du promoteur du lieu.

Pour se repérer, on peut regarder comment la CNESST raisonne en milieu de travail. Sur un plateau de tournage, par exemple, il faut au moins un secouriste par quart de travail jusqu’à 50 personnes, puis un préposé aux premiers soins par quart, plus un par centaine ou fraction de centaine additionnelle. Cette règle vise la production audiovisuelle, pas votre événement. Elle illustre toutefois un principe utile : la couverture grandit avec le nombre de personnes et doit exister pendant toute la durée de l’activité, y compris pendant le montage et le démontage.

Quelques bonnes pratiques pour dimensionner votre équipe :

  1. Calculez la couverture par plage horaire, pas pour la journée. Prévoyez des relèves et des pauses.
  2. Répartissez les secouristes dans le site au lieu de les regrouper au poste de premiers soins.
  3. Gardez au moins une personne au poste en tout temps.
  4. Ajoutez des secouristes si le risque est élevé : activité physique, foule dense, chaleur.

Quel niveau de formation?

Pour vos employés et bénévoles désignés, la référence au Québec est la formation de secourisme en milieu de travail, reconnue par la CNESST. Notre page sur la formation CNESST en secourisme en milieu de travail explique ce que couvre le cours. Pour un événement à risque élevé, demandez-vous si un service préhospitalier ou une équipe médicale professionnelle doit s’ajouter à vos secouristes. C’est le cas, par exemple, pour les sports de combat professionnels cités plus haut.

Les agents de sécurité peuvent-ils servir de secouristes?

Oui, à certaines conditions. Selon la CNESST, un travailleur désigné comme secouriste peut provenir d’un autre employeur, par exemple un agent de sécurité, s’il possède un certificat valide et n’offre ses services qu’à un seul établissement à la fois. Cette précision vise les milieux de travail, mais elle montre que la double compétence est reconnue. Pour un organisateur, c’est pratique : une équipe de sécurité dont les membres détiennent leur certificat de secourisme couvre la surveillance et les premiers gestes avec les mêmes personnes. Vérifiez toutefois que leur rôle principal, par exemple le contrôle des accès, leur laisse la disponibilité d’intervenir.

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Équipement, poste de premiers soins et communication

Un lieu protégé et bien identifié

Les documents de santé publique recommandent de prévoir un lieu physique protégé pour les premiers soins, avec des accessoires appropriés, et de préciser les moyens de communication entre le personnel, par exemple un cellulaire ou une radio. Choisissez un emplacement :

  • accessible à une civière et à une ambulance;
  • à l’abri du soleil, de la pluie et du bruit;
  • clairement signalé sur le plan du site et sur le terrain;
  • offrant un minimum d’intimité pour la personne soignée.

Des trousses conformes

Pour les milieux de travail, le Règlement sur les normes minimales de premiers secours et de premiers soins exige que la fourniture et le contenu des trousses soient conformes à la norme CAN/CSA Z1220-17, leur nombre étant adapté aux risques et au nombre de travailleurs. Même si votre événement n’est pas un établissement au sens du règlement, s’en inspirer vous donne un standard de qualité facile à défendre.

Le même règlement prévoit qu’un local de premiers soins doit être aménagé si l’établissement ou le chantier compte plus de 100 travailleurs, avec notamment une civière, une table, deux chaises et le nécessaire pour l’hygiène. Pour un grand événement, ce gabarit est une bonne base pour équiper votre poste.

La communication

Un secouriste qui ne peut pas être joint rapidement ne sert à rien. Prévoyez :

  • des radios ou des téléphones pour les secouristes, les agents de sécurité et le coordonnateur;
  • un canal ou un numéro unique pour signaler une urgence;
  • une personne qui reçoit les appels et sait où se trouve chaque secouriste.

Intégrer les premiers soins au plan d’urgence

Les premiers soins ne sont pas un service à part. Ils s’intègrent au plan d’urgence : procédures, assignation des tâches, rapports d’accident. Le même guide ajoute que l’organisateur doit coordonner l’arrivée des services d’urgence en désignant des personnes pour guider les ambulanciers vers le lieu exact de l’incident.

Voici une séquence simple à écrire dans votre plan :

  1. Qui alerte les services d’urgence, et avec quelle information (adresse du site, point d’accès, description de la situation)?
  2. Qui dégage l’accès pour l’ambulance?
  3. Qui attend les ambulanciers à l’entrée et les accompagne jusqu’à la victime?
  4. Qui garde la foule à distance et protège la personne?
  5. Qui note ce qui s’est passé?

Le rôle du secouriste est cadré : il alerte les services préhospitaliers, maintient la personne en vie et empêche l’aggravation de ses blessures. Son action doit aussi s’harmoniser avec celle des intervenants préhospitaliers pour assurer la continuité des soins.

Documenter chaque intervention

Le document de santé publique cité plus haut précise que les interventions de secours, de premiers soins, de soins médicaux, psychosociaux ou de transport ambulancier doivent être documentées, et propose d’utiliser un registre. Un tableau simple suffit :

Information à noter Pourquoi
Heure et lieu de l’incident Retracer la chronologie
Description de la situation Informer les ambulanciers
Soins donnés et par qui Assurer la continuité
Transport ambulancier ou non Suivi avec les autorités
Observations pour la prochaine édition Améliorer l’évaluation des risques

Tester avant le jour J

Le guide municipal recommande d’organiser des simulations d’accidents avant l’événement pour vérifier que les procédures fonctionnent. Une simulation de trente minutes, avec un faux malaise au fond du site, révèle vite les angles morts : une radio qui ne passe pas, un accès bloqué par une remorque, un bénévole qui ne sait pas qui appeler.

Exigences du lieu et de la municipalité

Chaque municipalité adapte ses règles à son milieu. Le gouvernement du Québec le rappelle dans ses mesures de préparation générale aux sinistres, qui insistent aussi sur l’amélioration continue. Ce que cela change pour vous :

  • Demandez à la municipalité ou à l’arrondissement si un plan de sécurité est exigé et à quelle échéance.
  • Informez le service de police et le service incendie dans les délais demandés. Le guide de la Municipalité des Îles fixe 30 jours avant l’événement, et d’autres municipalités ont leurs propres délais.
  • Si le lieu est un parc ou une salle, lisez le guide du promoteur ou le contrat de location : les premiers soins y sont parfois précisés.
  • Si votre activité exige un permis particulier, comme les sports de combat, vérifiez les exigences du permis lui-même.

Conseil pratique : commencez ces démarches plusieurs semaines avant l’événement. Les délais de réponse varient et vous voudrez le temps de corriger votre plan.

Notre point de vue : un seul plan pour la sécurité et les premiers soins

Nous voyons souvent les mêmes erreurs chez les organisateurs : les premiers soins sont pensés en dernier, séparément de la sécurité, et personne ne sait qui fait quoi quand une situation survient. Pour nous, les deux fonctionnent ensemble. Un agent de sécurité bien placé repère un malaise avant qu’il ne s’aggrave, ouvre le passage aux secouristes, guide les ambulanciers et garde la foule à distance.

Notre point de vue : un seul plan pour la sécurité et les premiers soins — overview diagram

C’est pourquoi nous travaillons à la fois comme fournisseur de services de sécurité événementielle et comme académie de formation. Nous offrons la formation de secourisme en milieu de travail, et nos agents suivent un cursus reconnu par le BSP. Notre approche repose aussi sur la supervision en temps réel et sur un portail web et mobile qui permet de suivre les opérations. Pour un organisateur, cela veut dire une meilleure visibilité sur ce qui se passe sur le site.

Notre conseil : faites un seul exercice de planification avec votre équipe de sécurité, vos secouristes et le coordonnateur. Une heure autour du plan du site suffit pour décider des points de poste, des canaux de communication et des accès d’urgence. Pour aller plus loin sur l’organisation globale, lisez notre guide pratique de la sécurité d’un festival et notre guide du contrôle d’accès pour événement, qui touchent directement les accès des véhicules d’urgence.

— Nicolas Legault

Former vos équipes avec XGuard

Si vous voulez que votre personnel ou vos bénévoles puissent intervenir, notre formation Secourisme en milieu de travail est offerte à 147,17 $. Vous pouvez consulter les dates sur la page de formation en secourisme. Vous cherchez à devenir agent de sécurité? La formation d’agent de sécurité est offerte à 449 $, avec un accompagnement jusqu’au permis. Pour les besoins de sécurité d’un événement, découvrez nos agents de sécurité pour événements.

Questions fréquentes

Faut-il un secouriste à chaque événement au Québec?

Pas de règle unique, mais plusieurs exigences existent selon le lieu et le type d’activité. Dans le parc du Mont-Royal, par exemple, le promoteur doit fournir un service de premiers soins. Vérifiez auprès de votre municipalité ou de l’arrondissement avant de déposer votre demande.

Combien de secouristes faut-il pour 500 personnes?

Il n’y a pas de chiffre officiel valable pour tous les événements publics. Partez de votre évaluation des risques : activité, public, site, éditions passées. Ajoutez des secouristes si l’activité est physique ou si le site est étendu, et confirmez les exigences avec la municipalité.

Un agent de sécurité peut-il être le secouriste de l’événement?

Oui, s’il détient un certificat valide et que son rôle lui laisse la disponibilité d’intervenir. La CNESST reconnaît qu’un secouriste désigné peut venir d’un autre employeur, par exemple une firme de sécurité. Le certificat doit être valide.

Que doit contenir le poste de premiers soins?

Un lieu protégé, bien identifié, avec des trousses conformes à la norme CAN/CSA Z1220-17 et un moyen de communication. Pour un grand site, inspirez-vous du local prévu par le règlement : civière, table, deux chaises et le nécessaire pour l’hygiène.

Faut-il tenir un registre des interventions?

Oui, c’est une bonne pratique recommandée par les documents de santé publique. Notez l’heure, la situation, les soins donnés et le transport éventuel. Ce registre améliore votre évaluation des risques d’une édition à l’autre.

Sources

Sécurité XGuard
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