Sécurisation après sinistre : protéger votre bâtiment
Incendie, dégât d'eau, intrusion : les gestes à poser pour sécuriser un bâtiment après un sinistre au Québec, de l'accès aux lieux jusqu'au gardiennage.

Sécuriser un bâtiment après un sinistre, c’est empêcher que la situation empire : personne n’entre sans autorisation, les ouvertures sont fermées, les dommages sont documentés et, si nécessaire, les lieux sont surveillés jusqu’aux réparations. Au Québec, une fois les pompiers partis, cette responsabilité revient au propriétaire. Voici comment procéder, dans quel ordre, avec qui, et à quel moment un service de gardiennage ou de patrouille devient un outil utile.
En bref
- Ne rentrez dans le bâtiment que si les autorités l’ont autorisé, et portez l’équipement de protection approprié.
- Après un incendie, le propriétaire doit barricader le bâtiment, et la protection des lieux lui revient dès que les pompiers quittent la scène.
- Photographiez les dommages avant tout nettoyage et prévenez votre assureur sans attendre.
- Un bâtiment dont les accès sont brisés ou la surveillance interrompue peut justifier des agents sur place, une patrouille mobile ou une surveillance vidéo à distance.
- Les agents de sécurité doivent détenir un permis du BSP : vérifiez-le avant de mandater qui que ce soit.
Table des matières
- Ce que « sécuriser » veut dire après un sinistre
- Les premières heures : qui décide si vous pouvez entrer
- Qui évalue si le bâtiment est sécuritaire
- Sécuriser le bâtiment, étape par étape
- Quand le gardiennage ou la patrouille devient utile
- Vérifier le permis avant de mandater un agent
- Coordonner sécurisation, nettoyage et réparations
- Pour les gestionnaires d’immeubles : préparer avant le prochain sinistre
- Notre point de vue : la sécurisation est un service, pas un cadenas
- Nos services pour sécuriser un site sinistré
- Et si vous voulez travailler dans ce domaine
- FAQ
- Sources
Ce que « sécuriser » veut dire après un sinistre
Le mot recouvre trois choses distinctes, et les confondre fait perdre du temps.
- La sécurité des personnes : empêcher quiconque d’entrer dans une zone dangereuse (structure fragilisée, électricité, fumée résiduelle, eau stagnante).
- La sécurité du bâtiment : fermer les ouvertures, protéger contre les intempéries, empêcher l’intrusion, le vol et le vandalisme.
- La sécurité du dossier : conserver les preuves des dommages et éviter tout geste qui compliquerait la réclamation.
Ces trois volets avancent en parallèle. Un commerce dont la vitrine a éclaté pendant un incendie doit être fermé physiquement, mais aussi photographié avant la pose des panneaux, et inaccessible aux curieux comme aux visiteurs mal intentionnés.
Les premières heures : qui décide si vous pouvez entrer
Le réflexe de vouloir rentrer constater les dégâts est naturel. Il est aussi risqué. Selon le Service de sécurité incendie de Montréal, le retour dans un bâtiment doit être autorisé, et les pompiers peuvent en interdire l’accès jusqu’à la fin de l’enquête. Tant que ce feu vert n’est pas donné, la porte reste fermée, pour vous comme pour vos employés et vos locataires.
Entrer avec le bon équipement
Lorsque la réintégration est permise, le même service recommande de porter des vêtements de protection : bottes robustes, lunettes de protection, gants et masque antipoussières. Ce n’est pas un excès de prudence : les débris, le verre et les poussières fines sont présents même dans des pièces qui semblent peu touchées.
Cas d’une inondation
Après un dégât d’eau important, la Régie du bâtiment du Québec précise qu’il faut vérifier l’électricité, la structure, les revêtements et les installations avant de réintégrer les lieux, et que l’électricité touchée par l’eau doit être contrôlée avant toute remise sous tension. Ne rétablissez pas le courant vous-même dans une zone qui a pris l’eau : faites appel à un maître électricien.
Qui évalue si le bâtiment est sécuritaire
Le propriétaire n’est pas toujours la bonne personne pour juger de l’état d’un immeuble. À Montréal, le règlement sur l’occupation et l’entretien des bâtiments permet à l’autorité compétente d’inspecter, de tester, d’analyser et de mesurer un bâtiment. Elle peut aussi exiger du propriétaire une attestation de conformité, de sécurité et de bon fonctionnement produite par une personne compétente.
En pratique, prévoyez que la reprise des activités passera par une évaluation professionnelle. La RBQ, dans son guide sur le registre d’inspection, distingue les vérifications qu’un propriétaire ou son représentant peut faire de celles qui doivent être confiées à une firme spécialisée. Les inspections annuelles ou plus espacées exigent généralement une firme spécialisée et un rapport détaillé.
Ce que vous pouvez faire vous-même, une fois l’accès permis : un tour visuel, la prise de photos, le repérage des ouvertures à fermer, la coupure de ce qui peut l’être en sécurité. Ce que vous ne devriez pas faire seul : juger de la solidité d’une structure, d’un plancher ou d’une toiture, remettre sous tension une installation électrique mouillée, ou conclure que les systèmes de protection incendie fonctionnent.
Sécuriser le bâtiment, étape par étape
1. Fermer les accès
Après un incendie, le propriétaire doit sécuriser son bâtiment, c’est-à-dire le barricader. Dès que les pompiers quittent la scène, la responsabilité de la protection et de la sécurité des lieux vous incombe entièrement. Cela vaut aussi pour un bâtiment commercial vide la nuit ou la fin de semaine.
Une liste de base :
- Panneaux ou contreplaqué sur les fenêtres et portes brisées.
- Cadenas ou serrures temporaires sur les accès qui ne ferment plus.
- Clôture temporaire ou rubans de signalisation autour des zones dangereuses.
- Affichage clair d’interdiction d’entrer.
- Liste des personnes autorisées (assureur, expert en sinistre, entrepreneurs, inspecteurs) avec leurs coordonnées.
Demandez à votre assureur avant d’engager de grosses dépenses : il vous indiquera ce qui est couvert au titre des mesures de protection. Gardez toutes les factures.
2. Garder les sorties dégagées
Sécuriser ne veut pas dire encombrer. À Montréal, les moyens d’évacuation doivent rester en bon état et libres de toute obstruction. Si une partie du bâtiment reste occupée pendant les travaux (un immeuble à logements, un commerce voisin dans le même édifice), les panneaux et les matériaux entreposés ne doivent pas bloquer un corridor ou une issue.
3. Documenter avant de toucher à quoi que ce soit
Si vous avez été autorisé à entrer, prenez des photos des dommages pour votre réclamation d’assurance. Voici une méthode simple :
- Une vue d’ensemble de chaque pièce, puis des gros plans des dommages.
- Les numéros de série et l’état des équipements touchés.
- L’état des accès (portes forcées, vitres brisées) avant la pose de toute protection.
- Une vidéo continue du parcours, avec la date visible si possible.
Cette documentation sert aussi à la sécurité : elle distingue plus tard ce qui était brisé par le sinistre de ce qui l’aurait été par un vol ou du vandalisme ultérieur.
4. Prévenir l’assureur et limiter les pertes
Prévenez votre assureur ou votre courtier rapidement : c’est la porte d’entrée de tout le reste de la réclamation. Limiter les dommages supplémentaires fait partie de vos obligations habituelles de sinistré : bâcher une toiture ouverte, arrêter une fuite, retirer l’eau. Ne jetez rien de ce qui est endommagé avant que l’expert l’ait vu, sauf si la santé l’exige.
Quand le gardiennage ou la patrouille devient utile
Tout sinistre ne demande pas un agent à la porte. Un petit dégât d’eau dans un bureau, vite réparé, se règle avec des serrures et de la vigilance. La question se pose quand un ou plusieurs de ces éléments s’additionnent :
- Les accès ne ferment plus, ou ne ferment que provisoirement.
- L’alarme, les caméras ou le contrôle d’accès sont hors service.
- Le bâtiment contient des biens de valeur, des stocks, des équipements ou des documents sensibles.
- Il est situé dans un secteur où l’on s’attend à de l’intrusion, ou il est visible de la rue.
- Les travaux de réparation vont durer des semaines, avec plusieurs entrepreneurs qui entrent et sortent.
- Un tiers (assureur, propriétaire, prêteur) exige que le site soit surveillé.
Le SPVM recommande aux commerçants d’installer des systèmes de surveillance vidéo, des systèmes d’alarme et des portes sécuritaires pour prévenir les intrusions. Après un sinistre, ces trois protections sont souvent précisément celles qui ont été endommagées. Le gardiennage ou la surveillance à distance sert alors de solution de remplacement temporaire.
Les formules possibles
| Formule | Quand elle convient | Limite |
|---|---|---|
| Agent sur place (gardiennage) | Bâtiment ouvert, accès non fermables, biens de valeur, chantier actif | Coût horaire pendant toute la durée de présence |
| Patrouille mobile | Bâtiment fermé et barricadé, risque modéré, passages à intervalles | Pas de présence continue entre deux passages |
| Ronde de garde virtuelle et vidéo à distance | Caméras fonctionnelles ou temporaires, vérification d’alarme | Suppose une alimentation et une connexion en état de marche |
| Verrouillage et clôture seuls | Dégâts mineurs, courte durée | Aucune réaction en cas d’intrusion |
Le bon choix dépend de l’état des accès, de la valeur de ce qu’il y a à protéger et de la durée prévue des travaux. Beaucoup de propriétaires combinent les formules : agent présent pendant les premiers jours, puis patrouille mobile et vidéo une fois le bâtiment barricadé.
Ce qu’un agent fait (et ne fait pas)
Un agent de gardiennage observe, contrôle les accès, tient un registre des entrées et sorties, fait des rondes et alerte les services d’urgence ou vous-même en cas de problème. Il ne remplace ni la police, ni les pompiers, ni l’expert en sinistre. Le SPVM, dans un mémoire de 2004, insiste d’ailleurs sur l’importance de protocoles clairs lorsque des agences privées interviennent en parallèle aux corps policiers. Précisez donc par écrit, dès le départ, qui appelle qui, et dans quel cas.
Vérifier le permis avant de mandater un agent
Au Québec, toute personne qui exerce une activité de sécurité privée doit être titulaire d’un permis d’agent dans la ou les catégories appropriées. Pour obtenir un permis régulier, la formation obligatoire en gardiennage exige au moins 70 heures de cours, répartis en trois modules : milieu, fonction, législation et normes de comportement; procédures en situation d’urgence; secourisme en milieu de travail reconnu par la CNESST.
Avant de signer, demandez :
- Le numéro de permis de l’agence et celui des agents affectés au site.
- La façon dont les agents sont remplacés en cas d’absence.
- Les rapports que vous recevrez (quotidiens, par incident) et leur format.
- La procédure en cas d’alarme, d’intrusion ou de découverte d’un danger.
Pour les cas d’urgence, le BSP peut aussi délivrer un permis temporaire d’un maximum de 120 jours, notamment pour recourir à de la main-d’œuvre temporaire lors d’un désastre. Cela ne dispense pas de poser la question du permis : un agent temporaire doit lui aussi être autorisé. Pour comprendre ce que le permis suppose, consultez notre guide sur les exigences du BSP pour les agents de sécurité.
Coordonner sécurisation, nettoyage et réparations
Le plus grand risque, après les premières 48 heures, est le désordre : trois entreprises différentes arrivent le même jour, personne ne sait qui a la clé, et on ne sait plus qui a déplacé quoi. Le Guide Préparer la réponse aux sinistres du ministère de la Sécurité publique décrit une coordination centralisée par l’expert en sinistre mandaté, qui collabore avec les services techniques municipaux et les professionnels du nettoyage ou de la décontamination. Un plan de mesures d’urgence, s’il existe, sert de référence pour organiser ces interventions.
Le même guide range la protection des biens et le contrôle de l’accès aux lieux parmi les missions municipales de secours lors d’un sinistre. Cela confirme une idée simple : l’accès au site est un sujet à gérer, pas un détail.
Un fonctionnement qui évite les mauvaises surprises :
- Un seul responsable des accès (vous, un gestionnaire, ou l’agent de sécurité selon vos instructions).
- Une liste d’intervenants autorisés, mise à jour et remise à l’agent ou à la patrouille.
- Un registre d’entrées et de sorties, avec heure, nom, entreprise et motif.
- Un moment de passage de relais quand un nouvel intervenant prend le contrôle d’une zone (par exemple, du nettoyage à la décontamination).
- Un contact d’urgence joignable en tout temps.
La RBQ veille, de son côté, à la qualité des travaux, à la sécurité des bâtiments et à la qualification professionnelle des entrepreneurs : vérifiez que ceux qui interviennent dans le bâtiment détiennent bien la licence appropriée pour leurs travaux.
Pour les gestionnaires d’immeubles : préparer avant le prochain sinistre
La Société d’habitation du Québec recommande l’élaboration d’un Plan de sécurité incendie et de mesures d’urgence comme outil de gestion préventive, afin d’assurer la continuité opérationnelle des bâtiments après un sinistre. Même hors logement social, l’idée s’applique à tout gestionnaire.
Un bon plan répond d’avance à ces questions :
- Qui appelle qui, dans quel ordre, et avec quels numéros ?
- Où sont les clés, les codes et les plans du bâtiment ?
- Quel fournisseur peut barricader en quelques heures, de jour comme de nuit ?
- Quelle entreprise de sécurité peut envoyer un agent ou activer une surveillance à distance rapidement ?
- Qui est autorisé à parler aux médias, aux locataires et à l’assureur ?
Un employé formé réagit mieux qu’un employé qui improvise. Les formations de base comme le maniement des extincteurs ou les mesures d’urgence et d’évacuation, offertes par notre académie, prennent peu de temps et peuvent éviter qu’un début de feu devienne un sinistre.
Notre point de vue : la sécurisation est un service, pas un cadenas
Nous accompagnons des commerces, des gestionnaires immobiliers et des chantiers à travers le Grand Montréal. Ce que nous constatons : après un sinistre, la plupart des gens se concentrent sur la réparation et oublient que le bâtiment reste exposé pendant des jours, parfois des semaines. Les serrures sont changées, mais personne ne regarde le site la nuit.
Nous pensons qu’une bonne sécurisation repose sur trois principes :
- Des accès contrôlés et documentés. Savoir qui est entré, quand et pourquoi protège le propriétaire autant que le bâtiment.
- Une présence proportionnée au risque. Un agent permanent n’est pas toujours nécessaire. Une patrouille mobile ou une ronde de garde virtuelle suffit souvent une fois le bâtiment fermé.
- Une information transparente. Notre portail web et mobile de suivi des opérations permet aux clients de voir ce qui se passe sur leur site, et nos agents travaillent sous supervision en temps réel.
Nous ne remplaçons ni l’expert en sinistre, ni les pompiers. Notre rôle commence où le leur s’arrête : tenir le site en sécurité pendant que les autres font leur travail.
— Nicolas Legault
Nos services pour sécuriser un site sinistré
Sécurité XGuard est une agence de sécurité privée de Montréal, approuvée par le ministère de la Sécurité publique et le Bureau de la sécurité privée. Nous offrons le gardiennage sur site, la patrouille mobile et la sécurité événementielle pour des entreprises, gestionnaires immobiliers et organisations du Grand Montréal. Pour les situations où l’alarme ou les caméras sont hors service, nos services de vidéosurveillance basés sur des événements, de réponse d’alarme à distance et de ronde de garde virtuelle complètent la présence physique. Vous pouvez aussi lire notre guide sur l’intervention sur alarme de sécurité pour les employeurs. Pour discuter de votre situation, rendez-vous sur xguard.ca.
Les tarifs de ces services de sécurité ne sont pas publiés : ils dépendent du site, des heures et de la durée. Demandez une soumission en précisant l’état des accès, l’horaire souhaité et la durée prévue des travaux.
Et si vous voulez travailler dans ce domaine
Les sinistres créent un besoin réel d’agents compétents, formés aux procédures d’urgence et au secourisme. Notre académie propose la formation d’agent de sécurité à 449 $ et le secourisme en milieu de travail à 147,17 $, avec un accompagnement jusqu’au permis du BSP. Si vous envisagez cette carrière, notre guide pour devenir agent de sécurité au Québec détaille les étapes.
FAQ
Qui est responsable de sécuriser un bâtiment après un incendie ?
Le propriétaire. Selon le Service de sécurité incendie de Montréal, il doit barricader son bâtiment, et la responsabilité de la protection des lieux lui revient entièrement dès que les pompiers quittent la scène. Prévenez votre assureur avant d’engager des dépenses importantes et conservez les factures.
Puis-je rentrer dans mon bâtiment tout de suite après un sinistre ?
Seulement si les autorités l’ont autorisé : les pompiers peuvent interdire l’accès jusqu’à la fin de l’enquête. Si le retour est permis, portez bottes robustes, lunettes, gants et masque antipoussières. Après une inondation, faites vérifier l’électricité avant de remettre le courant.
Faut-il engager un agent de sécurité après un sinistre ?
Pas toujours. C’est utile lorsque les accès ne ferment plus, que l’alarme ou les caméras sont hors service, que des biens de valeur sont présents ou que les travaux s’étirent. Dans les autres cas, une patrouille mobile ou une surveillance vidéo à distance peut suffire.
Comment savoir si un agent de sécurité est autorisé à travailler ?
Au Québec, toute personne qui exerce une activité de sécurité privée doit détenir un permis d’agent du BSP. Demandez le numéro de permis de l’agence et celui de chaque agent affecté à votre site. La formation obligatoire en gardiennage compte au moins 70 heures.
Sources
- In the first 24 hours after a fire, Service de sécurité incendie de Montréal
- Inondations : conseils aux sinistrés, Régie du bâtiment du Québec
- Règlement sur l’occupation et l’entretien des bâtiments, Ville de Montréal
- Guide sur la tenue du registre d’inspection du bâtiment, RBQ
- Règlement sur la prévention des incendies, Service de sécurité incendie de Montréal
- Vol dans un commerce, SPVM
- Mémoire du SPVM, 2004
- Information à lire avant de remplir une demande, BSP
- Permis régulier, BSP
- Guide Préparer la réponse aux sinistres, ministère de la Sécurité publique
- Guide de gestion du logement social, chapitre E, Société d’habitation du Québec



