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Sécurité de chantier en hiver au Québec : guide pratique

Froid, glace, visibilité, circulation : les obligations et les bonnes pratiques pour sécuriser un chantier québécois en hiver, avec les références CNESST.

Sécurité de chantier en hiver au Québec : guide pratique

Sécuriser un chantier en hiver au Québec, c’est agir sur quatre fronts : protéger les travailleurs contre le froid, garder les surfaces et les voies de circulation praticables, maîtriser les risques liés à l’équipement de chauffage et à l’excavation, et organiser la circulation des véhicules et des piétons. Le maître d’œuvre et l’employeur ont des obligations précises, et chaque travailleur a un rôle à jouer. Voici comment les appliquer concrètement, de la planification de la saison jusqu’aux premiers gestes en cas de gelure.

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En bref

  • Le froid cause des gelures, de l’hypothermie et des lésions permanentes. L’employeur doit adapter le poste, prévoir des abris chauffés et alterner travail et réchauffement.
  • Le chauffage temporaire à combustion peut provoquer une intoxication au monoxyde de carbone : il demande une planification, pas de l’improvisation.
  • Les voies d’accès et les passages piétons doivent rester dégagés, éclairés et jamais glissants.
  • Un plan de circulation à jour, des signaleurs formés et des vêtements haute visibilité réduisent les risques liés aux véhicules et à la machinerie.
  • La formation du personnel (signaleur, extincteurs, secourisme, travail en hauteur) se règle avant les premières neiges.

Table des matières

Pourquoi l’hiver change la nature des risques

Un chantier d’été et le même chantier en janvier n’ont pas le même profil de risque. Les journées sont plus courtes, donc la visibilité baisse. Le sol gèle, dégèle, puis regèle. Les surfaces de travail se couvrent de neige ou de glace. Les travailleurs sont plus lents, plus raides et plus fatigués, ce qui augmente le risque d’erreur.

La CNESST rappelle que l’exposition au froid peut entraîner des gelures aux extrémités, de l’hypothermie et des lésions physiques permanentes. Elle signale aussi que les équipements à combustion utilisés en zone froide peuvent causer une intoxication au monoxyde de carbone. Ce dernier point est souvent sous-estimé : on ferme une zone pour la chauffer, on y place un appareil, et on crée un nouveau danger.

Le bon réflexe consiste à traiter l’hiver comme une phase de projet à part entière, avec son propre plan de prévention, établi avant les premiers gels.

Qui est responsable de quoi sur un chantier en hiver

Le partage des responsabilités compte, surtout quand plusieurs entreprises travaillent sur le même site.

Le maître d’œuvre

En vertu du Code de sécurité pour les travaux de construction, le maître d’œuvre est responsable du contrôle de la circulation, de l’accès au chantier, du chauffage temporaire, de la tenue des lieux et des autres mesures générales de sécurité. En hiver, ces quatre éléments pèsent lourd : déneigement, accès, abris chauffés et circulation de la machinerie relèvent de lui.

L’employeur

L’employeur doit former et informer les travailleurs sur les risques propres au chantier et sur les mesures de protection, selon le bulletin de l’Association paritaire pour la santé et la sécurité du travail du secteur de la construction. Selon les tâches, la CNESST indique qu’il doit aussi chauffer le poste de travail lorsque c’est possible, fournir des abris temporaires chauffés, isoler les poignées et barres métalliques, veiller au port de vêtements adaptés et réorganiser les tâches extérieures pour les périodes les plus chaudes de la journée.

Le travailleur

Le travailleur collabore activement à la prévention. Il applique les mesures prévues et surveille les signes de gelure ou d’hypothermie chez lui et chez ses collègues. Sur un chantier, cette vigilance mutuelle fait souvent la différence : une personne en début d’hypothermie remarque rarement son propre état.

Pour un tour d’horizon plus large des exigences toute saison, consultez notre guide pratique de la sécurité de chantier en construction.

Protéger les travailleurs contre le froid

Prioriser les mesures avant l’équipement personnel

La hiérarchie des mesures de prévention privilégie d’abord l’élimination du danger à la source, son remplacement, les contrôles techniques, la sensibilisation, les mesures administratives et, en dernier recours, les équipements de protection individuelle. Appliquée à l’hiver, cela donne :

  1. Éliminer ou réduire l’exposition : planifier les travaux extérieurs les plus exigeants aux heures les plus douces, ou les reporter.
  2. Agir sur l’environnement : chauffer le poste de travail quand c’est possible, installer des brise-vent, des abris chauffés.
  3. Organiser le travail : alterner périodes de travail et périodes de réchauffement.
  4. Équiper : vêtements adaptés, en dernier recours dans la hiérarchie, mais indispensables sur le terrain.

La même logique s’applique au matériel et aux équipements de chantier : bien les gérer évite des expositions inutiles. Un article sur la gestion du matériel sur un chantier illustre comment l’organisation du parc d’équipements participe à la prévention avant même de parler d’équipement de protection.

Alterner travail et réchauffement

La CNESST recommande d’alterner les périodes de travail et de réchauffement et de réorganiser les tâches extérieures pour les périodes les plus chaudes de la journée. Concrètement :

  • prévoyez un abri chauffé à distance courte des postes de travail;
  • ajustez la durée des périodes de travail selon la température et l’effort;
  • prévoyez de l’eau et des boissons chaudes à l’abri;
  • isolez les poignées et barres métalliques que les travailleurs saisissent à mains nues ou presque.

Dans tout local fermé, une température convenable doit être maintenue. Si ce n’est pas raisonnablement possible, un endroit chauffé doit être mis à la disposition des travailleurs.

Le chauffage temporaire et le monoxyde de carbone

Un appareil à combustion dans un espace fermé ou mal ventilé peut produire du monoxyde de carbone, un gaz inodore. Avant d’installer un chauffage temporaire, vérifiez la ventilation de la zone, désignez une personne responsable de la surveillance et informez les équipes des symptômes à reconnaître. En cas de doute sur l’étanchéité ou la ventilation d’un espace, ne chauffez pas à combustion : consultez le responsable de la santé et de la sécurité de votre entreprise ou un hygiéniste du travail.

Les vêtements adaptés au froid

Les travailleurs doivent porter des vêtements adaptés à la température et aux tâches, par exemple plusieurs épaisseurs et une couverture de la tête. Le principe des épaisseurs permet d’ajuster sa tenue selon l’effort : on retire une couche quand on transpire, on la remet à la pause.

Ouvrière ajuste son casque par-dessus sa cagoule

Le Code de sécurité pour les travaux de construction impose par ailleurs que tout travailleur porte en tout temps un vêtement couvrant entièrement le torse et le dos. En hiver, cette règle est rarement un enjeu, mais elle rappelle que la tenue de base d’un chantier reste en vigueur sous les couches de vêtements.

Pour les gants, les bottes et les couvre-chefs, choisissez des modèles compatibles avec vos autres équipements de protection. Un casque doit demeurer bien ajusté même avec une sous-casque ou une cagoule : si l’ensemble ne tient pas correctement, la protection n’est plus assurée. Un équipement de protection individuelle fait aussi l’objet d’une formation : nous proposons une formation sur l’équipement de protection individuelle (EPI) à 29 $ par personne.

Sécurité XGuard, 9398 Boulevard Saint-Laurent, H2N 1P6 Montréal
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Reconnaître les gelures et l’hypothermie

La CNESST décrit les signes de gelure : picotements, engourdissement progressif, perte de sensibilité et peau blanche ou cireuse. L’hypothermie peut notamment causer de la confusion. Cette confusion est un signal d’alerte important : la personne touchée peut ne pas se rendre compte de son état et refuser de s’arrêter.

En cas de gelure superficielle, la CNESST indique de réchauffer graduellement les parties atteintes, sans les frictionner ni les approcher d’une source de chaleur directe. Conduisez la personne à l’abri chauffé. Si les symptômes sont plus sévères que de simples picotements, ou en cas de confusion, appelez le 911.

Sur un chantier, au moins quelques personnes devraient avoir suivi une formation de secourisme. Notre formation en secourisme en milieu de travail est offerte à 147,17 $, et notre page sur l’attestation de secourisme CNESST explique ce que reconnaît l’attestation.

Reconnaître les gelures et l'hypothermie

Garder les voies de circulation sûres

La glace et la neige transforment les passages les plus banals en zones de chute. Selon la CNESST, les voies d’accès aux bâtiments et les passages réservés aux piétons doivent être en bon état, dégagés, entretenus pour que leur surface ne soit jamais glissante, protégés contre les chutes d’objets ou de matériaux et bien éclairés. Dans les cours, ils doivent faire l’objet d’une signalisation claire.

Une routine hivernale efficace comprend :

  • un déneigement et un déglaçage planifiés avant le début du quart de travail, et non après le premier incident;
  • des abrasifs ou du sel sur les trajets piétons et les rampes;
  • un éclairage vérifié, car la noirceur arrive tôt;
  • une inspection visuelle des voies à chaque changement de quart;
  • la séparation claire entre trajets piétons et trajets de véhicules.

Échelles et escabeaux

Pour les échelles et escabeaux, l’Association paritaire recommande de reporter le travail si les conditions sont défavorables, notamment en cas de vent violent, d’orage ou de neige, et de vérifier que les barreaux sont propres et exempts de neige ou de glace avant utilisation. Une botte enneigée sur un barreau glacé est une combinaison à éviter.

Si vos équipes travaillent en hauteur, notre formation travail en hauteur et protection contre les chutes est offerte à 39 $ par personne, et nous proposons aussi une formation en sauvetage en hauteur.

Excavation, gel et dégel

Le sol gelé donne une fausse impression de solidité. Le guide du CERIU sur les mesures sécuritaires en excavation hivernale souligne l’importance d’évaluer les conditions du sol, notamment le gel et le dégel, pour la stabilité des excavations et la sécurité des travailleurs.

Les règles de base de la CNESST pour les travaux d’excavation restent valables en hiver. Selon sa publication sur le creusement, l’excavation et la tranchée, les matériaux doivent être déposés à au moins 1,2 mètre du sommet des parois, et aucun véhicule ne doit circuler à moins de 3 mètres, sauf si un étançonnement renforcé est installé selon les plans et devis d’un ingénieur. Les amas de neige repoussés près d’une tranchée comptent comme des charges : gardez-les à distance.

Pour les travaux sur un champ de glace, la CNESST rappelle que les ruptures peuvent causer des accidents mortels, avec des risques de gelures, d’hypothermie et de noyade. L’employeur doit renseigner et former les travailleurs, fournir l’équipement de protection nécessaire, tenir compte de la capacité portante de la glace et désigner un responsable pour s’assurer que le champ de glace est sécuritaire.

Circulation, visibilité et signaleurs

En hiver, un camion met plus de temps à s’arrêter et un opérateur voit moins loin. Le plan de circulation devient alors un outil central. La CNESST précise que l’employeur doit préparer un plan de circulation indiquant l’emplacement et les dimensions des voies, la signalisation et les vitesses maximales permises, et le garder disponible en tout temps sur les lieux des travaux.

Quelques ajustements typiques en hiver :

  • revoir les trajets pour tenir compte des bancs de neige et des zones de déneigement;
  • réduire les vitesses maximales permises lorsque la chaussée est glacée;
  • ajouter de l’éclairage aux intersections et aux zones de manœuvre;
  • prévoir des aires de stationnement et de dégagement pour la machinerie.

Notre guide du plan de circulation de chantier au Québec détaille la démarche, et la section sur les obligations légales vous aide à vérifier que votre plan est complet.

Le rôle des signaleurs

Les signaleurs de chantier doivent, selon la CNESST, suivre une formation dispensée par un instructeur et porter un vêtement jaune-vert fluorescent de classe 2 ou 3, niveau 2, conforme à la norme CSA Z96. En hiver, quand la lumière est faible, un vêtement propre et visible est d’autant plus important : la neige et la boue salissent vite les bandes réfléchissantes.

Si vous manquez de personnel formé, deux options existent : former vos équipes avec notre formation de signaleur de chantier, offerte à 29 $ par personne, ou recourir à des signaleurs routiers certifiés.

Sécurité du site : surveillance et accès

Les chantiers hivernaux sont aussi des sites exposés aux intrusions et aux vols, surtout lorsque l’activité ralentit pendant les vacances ou les fins de semaine. Le maître d’œuvre est responsable de l’accès au chantier : un contrôle d’accès, des rondes et, selon le site, une surveillance vidéo avec vérification à distance contribuent à la sécurité des lieux. Notre page de ronde de sécurité à Montréal explique comment s’organisent ces rondes.

Notre point de vue : l’hiver se prépare avant la première neige

Chez XGuard, nous voyons le même scénario chaque saison : les mesures hivernales sont décidées après le premier incident plutôt qu’avant le premier gel. Nous pensons qu’un chantier bien préparé repose sur trois éléments : des personnes formées, un plan de circulation clair et une supervision constante.

Notre approche combine des agents de sécurité autorisés, une supervision en temps réel et un portail web et mobile pour suivre les opérations. Notre objectif est que le responsable de chantier sache, à tout moment, ce qui se passe sur son site, sans avoir à appeler pour le savoir.

Nous croyons aussi que la formation est la mesure la plus rentable : un signaleur formé, un travailleur qui sait manier un extincteur et un secouriste présent sur le site changent le résultat d’un incident. C’est pourquoi nous offrons, à notre académie, des formations courtes et abordables en santé et sécurité du travail.

Nicolas Legault

Former vos équipes avant l’hiver

Votre plan hivernal est aussi solide que les personnes qui l’appliquent. À notre académie, nous proposons des formations en santé et sécurité du travail qui complètent bien une saison froide, notamment :

  • Signaleur de chantier : 29 $ par personne;
  • Maniement des extincteurs portatifs : 15 $ par personne, avec notre formation extincteur à Montréal;
  • Mesures d’urgence et évacuation : 29 $ par personne;
  • Cadenassage : 29 $ par personne;
  • Travail en espace clos : 39 $ par personne;
  • Secourisme en milieu de travail : 147,17 $.

L’ensemble de ces formations est présenté sur notre page de santé et sécurité du travail. Pour un chantier qui a aussi besoin d’agents sur place, de signaleurs ou de surveillance, nous pouvons vous aider à définir le service adapté.

Sécurité XGuard

Besoin de personnel formé ou d’une présence sur votre chantier cet hiver ? Parlez à l’équipe XGuard pour préciser vos besoins.

Une liste de contrôle pour la saison froide

Avant le premier gel, passez en revue les points suivants :

  1. Le plan de circulation est à jour et accessible sur le site.
  2. Un abri chauffé est prévu, avec des périodes de réchauffement planifiées.
  3. Les appareils de chauffage à combustion sont vérifiés, et la ventilation est confirmée.
  4. Les voies piétonnes sont déneigées, déglacées et éclairées.
  5. Les signaleurs sont formés et leurs vêtements sont conformes.
  6. Les travailleurs savent reconnaître gelure et hypothermie.
  7. Les distances de sécurité autour des excavations sont respectées, et les amas de neige sont éloignés.
  8. Les échelles sont inspectées avant chaque usage, et le travail est reporté en cas de neige ou de vent violent.

À chaque changement important de météo, reprenez cette liste en cinq minutes avec l’équipe avant le début du quart.

FAQ

Qui est responsable du déneigement et du chauffage sur un chantier ?

Le Code de sécurité pour les travaux de construction confie au maître d’œuvre le chauffage temporaire, la tenue des lieux, l’accès au chantier et le contrôle de la circulation. L’employeur, lui, doit protéger ses propres travailleurs contre le froid, par exemple avec des abris chauffés et un horaire adapté. Les deux rôles se complètent : mettez-les par écrit avant le début de la saison.

Comment réchauffer une personne qui a une gelure superficielle ?

Selon la CNESST, il faut réchauffer graduellement les parties atteintes, sans les frictionner et sans les approcher d’une source de chaleur directe. Amenez la personne dans un endroit chauffé. Si la peau reste blanche ou cireuse, si la sensibilité ne revient pas ou s’il y a de la confusion, appelez le 911.

Faut-il un plan de circulation en hiver ?

L’employeur doit préparer un plan de circulation indiquant les voies, la signalisation et les vitesses maximales, et le garder sur les lieux des travaux. En hiver, il est utile de le réviser pour tenir compte de la neige entassée, de la glace et de la visibilité réduite.

Quelle formation suivre pour mieux gérer un chantier en hiver ?

Selon vos tâches, le signaleur de chantier, le secourisme en milieu de travail, le maniement des extincteurs et le travail en hauteur sont les plus pertinents. Chacun répond à un risque concret de la saison : circulation, urgence médicale, incendie dû au chauffage et chutes.

Sources

Sécurité XGuard
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