Sécurité d’un immeuble vacant à Montréal : le plan complet
Immeuble vacant à Montréal : obligations de la Ville, mesures physiques, rondes, télésurveillance et coûts à prévoir. Un plan clair pour protéger votre bâtiment.

Un immeuble vacant n’est pas un immeuble sans responsabilités. À Montréal, vous devez le fermer contre les intrusions, l’éclairer, le chauffer au minimum, l’enregistrer auprès de la Ville et le faire surveiller de façon régulière. Ce guide vous explique les obligations qui s’appliquent, les mesures qui protègent vraiment votre bâtiment et la manière d’organiser la surveillance, de la ronde documentée à la télésurveillance.
En bref
- Depuis le 1er janvier 2026, Montréal exige l’enregistrement des bâtiments vacants : 275 $ au départ, puis 150 $ par année pour le renouvellement.
- La Ville demande de fermer le bâtiment contre les intrusions, d’éclairer les accès et de maintenir au moins 10 °C.
- Une porte barricadée ralentit l’intrusion, mais seule la supervision (rondes, alarme surveillée, intervention) réduit le délai avant la découverte d’un problème.
- Ne désactivez pas les alarmes-incendie ni les gicleurs : ils doivent rester fonctionnels.
- Les agents qui font vos rondes doivent détenir le permis BSP, qui exige au moins 70 heures de formation.
Table des matières
- Pourquoi un immeuble vide est plus exposé qu’un immeuble occupé
- Vos obligations à Montréal
- Les mesures physiques : ralentir l’intrusion
- La supervision : la couche qui manque souvent
- Notre point de vue : combiner les couches
- Choisir qui assure la surveillance
- Notre offre pour les bâtiments vacants
- Un plan en six étapes
- Foire aux questions
- Sources
Pourquoi un immeuble vide est plus exposé qu’un immeuble occupé
Personne ne remarque une fenêtre cassée, une fuite d’eau ou une porte forcée quand le bâtiment est vide. Les guides de gestion des immeubles vacants le rappellent : ces bâtiments attirent les vandales et les incendiaires, surtout quand le terrain n’est pas entretenu. Les assureurs ajoutent la menace du squat, du vol de matériaux et des dégâts d’eau, comme le détaille ce document technique sur les bâtiments vacants ou inactifs.
L’hiver québécois aggrave la situation. La Ville de Montréal signale les risques liés au gel-dégel, aux infiltrations d’eau, au vandalisme et à une surveillance déficiente. Un chauffage coupé sans stratégie peut faire éclater des conduites, et ce dégât-là peut coûter plus cher qu’une intrusion.
Le risque change aussi d’un site à l’autre. Il dépend du quartier, des bâtiments voisins, de l’état de l’enveloppe et de la durée de la vacance. Un entrepôt isolé en bordure d’une zone industrielle et un ancien commerce de rue passant ne demandent pas le même niveau de surveillance.
Vos obligations à Montréal
Enregistrer le bâtiment vacant
La Ville traite la vacance comme un risque d’entretien et de sécurité, pas comme une pause des responsabilités. Depuis le 1er janvier 2026, l’enregistrement vise les bâtiments commerciaux, industriels, institutionnels et résidentiels, qu’ils soient principaux (immeuble, duplex, maison) ou accessoires (garage, remise, hangar). Les bâtiments partiellement vacants, saisonniers et en chantier sont exclus, selon la page de la Ville sur l’enregistrement.
| Élément | Ce que la Ville indique |
|---|---|
| Tarif initial | 275 $ |
| Renouvellement annuel | 150 $ |
| Placard | À afficher de manière visible |
| Demande | Au comptoir des permis de l’arrondissement |
Vérifiez auprès de votre arrondissement avant de déposer la demande : les règles applicables dépendent notamment de l’arrondissement et du statut patrimonial du bâtiment.
Entretenir, fermer, éclairer, chauffer
Selon les obligations municipales mises à jour le 18 mars 2026, vous devez sécuriser l’immeuble vacant en respectant quatre points :
- fermer le bâtiment contre les intrusions;
- barricader les accès au besoin;
- éclairer les accès extérieurs;
- conserver une température intérieure minimale de 10 °C.
L’entretien de l’enveloppe (toiture, murs, fondation, joints) reste obligatoire que le bâtiment soit occupé ou vacant. Les amendes générales liées à l’entretien et à la détérioration peuvent aller de 1 000 $ à 40 000 $, et jusqu’à 250 000 $ pour un bâtiment patrimonial, selon la nature de l’infraction.
Partout au Québec, les municipalités disposent aussi d’outils pour contrôler la vétusté et le délabrement des bâtiments et forcer les propriétaires à entretenir leur propriété.
Garder les protections incendie en état
C’est l’erreur la plus fréquente : croire qu’un bâtiment vide n’a plus besoin de son alarme. Le règlement de prévention des incendies de Montréal exige que les moyens d’évacuation restent en bon état et libres d’obstruction, et que les systèmes d’alarme-incendie et de protection utilisant l’eau soient maintenus en fonctionnement. Pour une non-conformité, les premières amendes indiquées par le Service de sécurité incendie vont de 500 $ à 2 000 $ pour une personne physique et de 1 000 $ à 4 000 $ pour une personne morale, selon l’infraction.
La règle pratique : ne débranchez pas automatiquement un système de protection. Consultez les autorités avant de verrouiller, déconnecter ou abandonner un système de sécurité des personnes, comme le rappellent les conseils de sécurité sur les bâtiments vacants publiés en Alberta. Cette consigne vaut aussi pour un propriétaire montréalais, mais c’est le SIM qui fixe vos obligations locales. Le Gouvernement du Québec explique de son côté que l’alarme-incendie sert à déceler un feu le plus tôt possible : dans un bâtiment vide, personne ne l’entendra, d’où l’intérêt de la faire surveiller à distance.
Appeler votre assureur
Les polices d’assurance traitent souvent la vacance et l’inoccupation différemment. Pour les logements, la plupart des polices prévoient une règle d’inoccupation de 30 jours, après quoi l’assureur peut modifier ou annuler la couverture. Pour un immeuble commercial ou locatif, les conditions varient : informez votre courtier avant que le bâtiment ne se vide, et demandez-lui quelles mesures de surveillance il exige. Sa réponse fixe souvent la fréquence minimale des visites.
Les mesures physiques : ralentir l’intrusion
Les recommandations canadiennes se recoupent. Voici la base, du plus simple au plus technique.
- Portes et fenêtres verrouillées. Remplacez les cylindres si d’anciens locataires ou employés ont encore des clés, et tenez un registre des clés en circulation.
- Ouvertures accessibles barricadées. Au rez-de-chaussée, les fenêtres et les portes secondaires sont les premières cibles.
- Éclairage périphérique. Il est exigé pour les accès extérieurs et il décourage les curieux.
- Apparence d’occupation. Terrain déneigé ou tondu, courrier retiré, aucune publicité accumulée à l’entrée. Un bâtiment qui a l’air abandonné invite à l’intrusion.
- Affiches de surveillance. Elles ne remplacent rien, mais elles complètent les caméras.
- Matières combustibles retirées. Déchets, palettes et matériel entreposé dehors nourrissent un incendie criminel.
- Eau et énergie. Identifiez les entrées d’eau et d’électricité, gardez 10 °C minimum et notez où se trouvent les vannes de fermeture.
Attention au barricadage : il doit protéger sans bloquer les sorties que les pompiers ou vos agents devront utiliser. Gardez libres les moyens d’évacuation, conformément au règlement du SIM.
La supervision : la couche qui manque souvent
Les guides de gestion des immeubles vacants traitent la supervision comme une couche distincte de la protection physique. Une porte barricadée ralentit l’intrusion. Une ronde, une alarme surveillée et une procédure d’intervention raccourcissent le temps avant que quelqu’un découvre le problème et le signale.
Rondes : à quelle fréquence?
Le guide Managing Vacant Buildings recommande des visites au minimum hebdomadaires. Ce n’est pas une règle universelle de Montréal : adaptez la fréquence au risque du site, aux exigences de votre assureur et à celles de la Ville. Un bâtiment dans un secteur à fort taux d’intrusion, ou en plein hiver, justifie des passages plus rapprochés.
Ce qu’une bonne ronde vérifie
Une ronde utile couvre l’intérieur et le terrain. L’agent contrôle :
- les accès et les traces d’intrusion (serrures, vitres, graffitis, objets déplacés);
- l’eau (fuites, infiltrations, conduites) et le chauffage;
- les alarmes et les gicleurs;
- l’éclairage;
- les dommages hivernaux (toiture, glace, accumulation de neige).
Chaque passage doit être consigné : date, heure, trajet, constats, photos. Une simple présence à l’extérieur ne prouve pas que le bâtiment est sécurisé. Ce registre vous sert aussi devant votre assureur, ou si la Ville vous demande de démontrer votre diligence. Pour le détail du fonctionnement, consultez notre guide pratique de la ronde de sécurité à Montréal.
Alarme surveillée et caméras
Une alarme qui sonne dans un bâtiment vide ne sert à rien si personne ne reçoit le signal. L’alarme d’intrusion doit être reliée à une centrale ou à un service qui réagit. Les caméras ajoutent la vérification visuelle : elles permettent de distinguer une vraie intrusion d’une fausse alerte avant d’envoyer quelqu’un sur place. La question à régler à l’avance est celle de la procédure : qui est appelé, dans quel ordre, et qui se rend sur place. Nous détaillons ce point dans notre article sur l’intervention sur alarme au Québec.
Notre point de vue : combiner les couches
Nous voyons le même scénario revenir chez les propriétaires et les gestionnaires immobiliers : le bâtiment est bien fermé le jour de la libération des lieux, puis plus personne n’y retourne pendant des semaines. C’est à ce moment que les problèmes s’installent, parce que le délai de découverte s’allonge.
Chez XGuard, nous croyons qu’aucune mesure ne suffit seule. Une présence humaine sans compte rendu laisse des zones d’ombre. Une caméra sans intervention n’est qu’un enregistrement. Un cadenas sans passage régulier finit par céder. Le plan qui fonctionne combine les mesures physiques, des visites documentées, de la télésurveillance et une intervention humaine quand quelque chose se produit.
Notre approche repose sur une supervision en temps réel et sur un portail web et mobile qui permet de suivre les opérations : vous voyez les passages, les constats et les incidents sans appeler personne. Pour un bâtiment vacant, cette transparence compte autant que la ronde elle-même, parce que vous n’êtes pas sur place pour vérifier.
Notre conseil : décidez de la fréquence des passages avec votre assureur, puis demandez qu’on vous remette un rapport après chaque visite. Si le rapport n’arrive pas, la ronde n’a pas vraiment eu lieu.
— Nicolas Legault
Choisir qui assure la surveillance
Trois options s’offrent à vous, souvent combinées.
| Option | Avantages | Limites |
|---|---|---|
| Visites par vous-même ou un employé | Aucun coût direct de service | Peu de traçabilité, disponibilité limitée, risque personnel en cas d’intrusion |
| Alarme et caméras à distance | Détection continue, vérification visuelle | Sans intervention humaine, le problème reste sur place |
| Agents de sécurité pour rondes et intervention | Contrôle intérieur et extérieur, rapport, réponse sur place | Coût variable selon la fréquence et la durée |
Pour la troisième option, vérifiez que l’agence est autorisée. Au Québec, un permis régulier exige un âge minimal de 18 ans et une formation de gardiennage reconnue d’au moins 70 heures : 30 heures sur le milieu, la fonction, la législation et les normes de comportement, 24 heures sur les urgences et 16 heures de secourisme en milieu de travail reconnu par la CNESST. Demandez à l’agence de confirmer son autorisation et d’indiquer comment ses agents sont formés. Vous pouvez aussi consulter nos exigences BSP pour les agents de sécurité pour comprendre ce que ce permis représente.
Questions à poser avant de signer
- Quelle est la fréquence des passages, et peut-on l’augmenter en cas d’alerte ou de tempête?
- Quel rapport recevrai-je après chaque visite, et sous quelle forme?
- Que fait l’agent s’il trouve une porte forcée ou une personne à l’intérieur?
- Qui contacte-t-on, et dans quel ordre, en cas de fuite d’eau ou d’alarme-incendie?
- La surveillance à distance peut-elle compléter les rondes en dehors des heures de passage?
Notre offre pour les bâtiments vacants
XGuard est une entreprise de sécurité privée montréalaise, approuvée par le ministère de la Sécurité publique et le BSP. Nous assurons le gardiennage sur site et la patrouille mobile auprès des commerces, des gestionnaires immobiliers, des chantiers et d’autres secteurs, en français et en anglais.
Pour un immeuble vacant, nous proposons notamment des services de vidéosurveillance basés sur des événements, la réponse d’alarme à distance avec vérification vidéo et des rondes de garde virtuelles. Ils s’ajoutent à des rondes physiques et à une intervention sur place, et ils se suivent depuis notre portail. Les tarifs ne sont pas publiés : ils dépendent du site, de la fréquence et de la durée. Contactez-nous pour une évaluation de votre bâtiment.
Un plan en six étapes
- Avant la libération des lieux : avisez l’assureur, retirez les matières combustibles et récupérez les clés.
- Enregistrez le bâtiment auprès de l’arrondissement s’il est visé, et affichez le placard.
- Sécurisez l’enveloppe : serrures, barricadage, éclairage extérieur.
- Réglez l’énergie : chauffage à 10 °C minimum, vannes identifiées, protections incendie maintenues.
- Installez la supervision : alarme surveillée, caméras, rondes à une fréquence validée par l’assureur.
- Révisez à chaque saison : notamment avant l’hiver, après une tempête et lors de tout changement de statut du bâtiment.
Foire aux questions
Faut-il enregistrer tous les immeubles vacants à Montréal?
La plupart, oui : les bâtiments commerciaux, industriels, institutionnels et résidentiels vacants sont visés, y compris les bâtiments accessoires. Les bâtiments partiellement vacants, saisonniers et en chantier sont exclus. Confirmez votre situation auprès de votre arrondissement avant de faire la demande.
Quelle température faut-il maintenir dans un bâtiment vacant?
La Ville de Montréal indique une température intérieure minimale de 10 °C. Cela protège les conduites contre le gel et limite l’humidité qui abîme la structure. Si vous prévoyez couper le chauffage, parlez-en d’abord à un professionnel et à votre assureur.
À quelle fréquence faut-il inspecter un immeuble vide?
Un guide canadien recommande au minimum une visite par semaine, mais ce n’est pas une règle montréalaise. La bonne fréquence dépend du risque du site, de la saison et des exigences de votre assureur. Consignez chaque visite par écrit.
Peut-on débrancher l’alarme-incendie d’un bâtiment inoccupé?
Non, pas de votre propre initiative. Le règlement de prévention des incendies de Montréal exige que les alarmes et les systèmes de protection à l’eau restent fonctionnels. Contactez le Service de sécurité incendie de Montréal avant toute modification.
Un agent de sécurité doit-il avoir un permis pour surveiller un immeuble vacant?
Oui, une agence de gardiennage doit employer des agents titulaires du permis du BSP. Pour l’obtenir, un agent doit avoir 18 ans et suivre une formation reconnue d’au moins 70 heures. Si vous souhaitez vous-même entrer dans le métier, notre formation d’agent de sécurité mène à ce permis et coûte 449 $.
Sources
- Enregistrer un bâtiment vacant, Ville de Montréal
- Entretien des bâtiments : vos obligations comme propriétaire, Ville de Montréal
- Règlement sur la prévention des incendies, SIM
- Managing Vacant Buildings
- Permis régulier, BSP
- Unsecured or vacant buildings, Safety Codes Alberta
- Protection of vacant or idle buildings, The Hartford
- Systèmes d’alarme-incendie dans les bâtiments existants, Gouvernement du Québec
- Assurance pour maison vacante, Ratehub


